jeudi 8 février 2007

: simulacre :

Je pensais à cette biche vue sur la route en rentrant dans la nuit. J’avais pu freiner à temps, oh je ne roulais pas bien vite, je n'aime pas conduire dans cette campagne à l'allure fantomatique, où n'importe qui ou quoi peut survenir sans prévenir. J’ai donc évité de peu cet animal, d'aspect jeune, qui aveuglé par les phares de la voiture, ne pouvait quitter ce bitume campagnard.
C’est l'avantage de vivre ici, où l'on peut s'arrêter sur un bout de chemin, sans qu'un connard te klaxonne derrière. Belle frayeur aussi, mon coeur battait la chamade, mais j'étais contente d'avoir épargné une vie, celle de cette jeune femelle, qui certainement aurait moins de chance avec la voiture suivante.
En rentrant, il y avait les chatons sortis de leur caisse : découvrir le monde, telle était leur priorité. Il faudra bientôt penser à faire attention à nos pieds, histoire de ne pas faire de mal à ces assoiffés, parcourant déjà un territoire hostile mais ils ne s'en doutent pas encore. Laissons leur donc le temps de connaître cet apprentissage, ce douloureux périple de la découverte.
Je pensais aussi, tout en essayant de trouver quelque chose à grignoter dans mon frigo vide et en évitant de m'apitoyer sur les miaulements plaintifs de la chatte derrière mon dos qui elle aussi avait faim, à ton sourire hypocrite de tout à l'heure. J’imaginai aussi ton indifférence ou ton mépris si j'avais heurté un arbre en rentrant.
Les relations humaines sont si complexes, mais si simples en même temps. Je t'ai vu pleurer de mille larmes lors de la cérémonie d’adieu à notre amie ; malgré tout, je pense que tout cela n'était que simulacre.
Elle est belle cette terre, elle s'appelle Le Trièves, vous imaginez une autoroute par ici ?
Dommage que ce tout « laxiste » nous engloutisse un jour ou l'autre.
Aversion. Je ne veux pas mourir ici.

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