mes toutes premières photos, quoique, école du lac_1977, ou 78 :
Hélène, Zouzou, Christine ou Christelle & Me....
À la campagne, montagne douce du Trièves, ou en ville, en grande agglomération. La seule différence est l'anonymat.
En ville, peu importe : même si tu fais partie d'un pseudo-groupe : tu restes seulE, car la frontière est bien réelle, reste visible et tangible. Et le monde autour est immense, cela peut faire naître des imaginaires féconds ou à l'inverse, t'isoler de plus en plus... tout semble grouiller, se faufiler, clore en espace, instants féeriques, l'imagination devenant folle, se laissant aller à des volutes illicites, tellement jubilatoires...
Mais l'illusion reste de courte durée.
Tu n'appartiens à personne, heureusement, mais malheureusement à rien non plus.
Tu aimerais te chercher parmi des groupes, des clans, des survivances de même courant... la route est sinueuse. La réalité est toujours avide d'espace-temps, de longueur, de confrontation, de convergence, cela peut sembler long.
L'anonymat est assuré, tu peux crever en toute quiétude, ton identité vient toujours d'ailleurs.
Tu peux feindre l'indifférence ici en (F)rance, presque à en mourir. Et l'on te retrouvera un jour, parce que ça pue, dans ta mort misérable et seulement par hasard. C'est ça la ville avec son lot interminable de morts anonymes, de solitude mièvre, de malchance diffuse, de choix alambiqués et de stratagèmes de survie.
Je me rappelle une fois, quelqu'un disant que pour avoir l'adrénaline en lui, il lui arrivait de se promener la nuit dans le quartier de l'Arlequin à la Villeneuve de Grenoble. J'ai toujours trouvé cela pitoyable, d'autant que c'était une personne avec un esprit « ouvert », « punk », sans à priori pensais-je.
Des fois, comme souvent dans une décennie, survient un éclat, un flash, qui te vrille sans rien comprendre, peut-être si tu es issuE de ces quartiers dits « sensibles » (et que je considère comme plutôt hypersensibles), cela peux t'atteindre, sans trop de heurts avec les années parce que tu sais. Et que tu es originaire de ces mêmes quartiers laissés maintenant à l'abandon.
Alors, vole en éclat ton identité, vole en éclat ton âme prisonnière de ce maudit ghetto.
Vole en miette ton identité de « déterminéE ».
Les montagnes à gravir peuvent sont immenses penses-tu, c'est seulement peut-être que tu en as pas l'habitude.
À l'inverse de la ville, ici on te demande rien, seulement un peu de temps; celui qui se cherche lui-même, comme toi aujourd'hui et tout le temps. Bien sûr, c'est un milieu rustre et facho, mais tout dépend de tes acceptations, de tes propres humiliations consenties, c'est du moins un territoire simple où l'important n'est pas d'exister, mais d'être.
Les clichés, comme en ville et comme dans le milieu rural ne sont engendrés que par le conformisme social. On le sait mais en 2010 il est possible d'ajouter d'autres raisonnements.
Parce qu'on en à vu d'autres et que l'ont sait maintenant, qu'on veut autre chose tout simplement.
Nous avons toujours l'âge de la fuite et nous aurons toujours la rage d'échapper à tout déterminisme quel qu'il soit. J'aimerai tant que les gens de mon quartier d'origine le sache. Justement.
http://grenoble.indymedia.org/2010-08-07-Lettre-ouverte-a-Karim
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